Le 14 Juillet, je surkiffe.
Vous savez quoi ? Quand on est expat, ya un moment
trèèèès rigolo dans l'année : c'est le 14 Juillet...
Un triomphe.
Vous arrivez vers midi à la garden party organisée par le consul, dans un club tres select de DownTown : votre petit carton d'invitation à la main et votre sourire "jeune plein d'avenir" sur la tronche.
Et vous attendez.
Vous attendez parce qu'il y a une queue de bâtards pour rentrer dans le club select.
Tout ça parce qu'il faut dire bonjour à Monsieur le Consul et à Madame la Consulette.
Bien entendu, aucun des deux ne vous connait mais ils vous accueillent comme si vous etiez leur petit fils. Sourire diplomatique et comment allez vous ça fait plaisir de vous voir.
Delicieux.
Ca y est, vous avez passé le peage en ayant payé votre risette. Et là... Oh punaise, oh le bad... Vous rentrez dans une pièce totalement bondée avec des vieux qui machonnent tout ce qu'ils peuvent. Eh oui, les gens n'ont pas attendu midi pour venir se goinffrer aux frais du contribuable français, (surtout au frais des pères de familles, chirurgiens ophtalmos opprimés, on s'en doute bien.)
Une petite coupe de champagne, une assiette rikiki sur laquelle il faut empiler sa boustifaille et une question : comment vais-je faire pour manger tout ça proprement, debout, en faisant semblant de maîtriser graaaaave la situation ?
Pas facile d'être expat...
Il faut vite trouver un réconfort.
Tout en continuant à faire semblant d'être vachement à l'aise.
Vous cherchez donc des têtes connues parmi toutes ces têtes chenues.
Ouf, il y a des jeunes. Tous ici pour la même chose. Tous stagiaires dans les differents organes francophones, publics ou non, ayant un rapport avec la France.
Réflexe communautaire, vous foncez vers eux, tout doucement. Oui, tout doucement, comme la chanson. Ah Nostalgie, on ne s'en lasse pas... Et pourquoi faut-il foncer tout doucement ? Eh ben pour faire style " je viens vers vous mais ce n'est pas un réflexe communautaire, non,non,non"
Trop cool.
Les discussions sans intérêt s'enchaînent à la vitesse de l'ingurgitation des mets délicats parce que français.
Et puis le consul prend la parole.
En anglais !
Au passage il demande une petite minute de silence pour Londres : elle dure bien 20 secondes la minute mais bon on s'en fout hein, faut pas deconner, ya de la tarte au citron.
Et il parle le consul. Il parle de la France dont tout le monde se balance. Parce que les Francais d'ici ils ont fait leur vie en British Columbia, ils ont quasiment tous pris la nationalité conodienne et ils sont ravis de ne plus rien devoir à ce pays lointain qui periclite et qui va à vau l'eau.
Ravis egalement de venir manger des petits fours aux frais de Marianne.
Le consul a fini. On l'applaudit, timidement. Bah oui, essayez d'applaudir avec une coupe de champagne et des petits fours, vous allez voir vous aurez l'air cretin.
Et l'hymne français est lancé.
Tous le monde se rue sur les buffets dans un grand élan patriotique.
Une tartelette aux pommes plus tard, l'hymne canadien est lancé.
Et là c'est le coup de theatre ! Une grosse canadienne quinquagenaire nous engueule parce qu'on discute et qu'on ne respecte pas son hymne national à elle ( oui oui, la canadienne qui se goinfrait de paté ya 2 minutes pendant la Marseillaise.)
C'est là que vous vous rendez compte que le sun shines et qu'il est grand temps d'aller voir ailleurs, histoire de profiter vraiment de cette belle journée sur les plages de Vancouver...